Maud Ougier
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    24 août 20269 min de lecture

    TVA 5,5 %, 10 % ou 20 % : quel taux sur vos devis travaux en 2026 ?

    Quand je relis des devis de travaux avec mes clients à Bordeaux, une ligne revient systématiquement dans les questions : la TVA. 5,5 %, 10 %, 20 % — trois taux peuvent cohabiter sur un même devis, et une erreur de taux peut faire varier la facture finale de plusieurs points. Depuis le 1er mars 2025, une évolution importante est d'ailleurs entrée en vigueur pour les chaudières gaz. Petit guide pratique pour vérifier, ligne par ligne, que le bon taux est appliqué.

    Les trois taux de TVA applicables aux travaux en 2026

    La TVA à 5,5 % : les travaux de performance énergétique

    Le taux le plus bas s'applique aux travaux d'amélioration de la performance énergétique du logement. Sont notamment concernés :

    • Les équipements fonctionnant aux énergies renouvelables : pompe à chaleur, chaudière biomasse, poêle à bois, solaire thermique, VMC double flux ;
    • Les travaux d'isolation : combles, murs, sols, ainsi que les fenêtres performantes.

    C'est le taux « récompense » des travaux qui améliorent durablement la consommation du logement.

    La TVA à 10 % : les travaux d'amélioration classiques

    Le taux intermédiaire s'applique aux travaux d'amélioration, de transformation et d'entretien classiques — rénovation d'une salle de bain, d'une cuisine, reprise d'électricité, rafraîchissement — dans un logement achevé depuis plus de 2 ans. C'est le taux le plus courant sur les chantiers de rénovation que je suis à Bordeaux et dans la métropole.

    La TVA à 20 % : le taux par défaut

    Le taux normal s'applique à la construction neuve, aux logements de moins de 2 ans… et, depuis le 1er mars 2025, aux chaudières aux énergies fossiles. C'est l'évolution récente la plus importante pour les particuliers.

    Chaudières gaz : ce qui a changé le 1er mars 2025

    Depuis le 1er mars 2025, le remplacement d'une chaudière gaz — qu'elle soit standard, à condensation ou THPE (très haute performance énergétique) — est soumis à la TVA à 20 %.

    Avant cette date, la situation était plus favorable : 5,5 % pour les chaudières gaz THPE, et 10 % pour les autres chaudières gaz installées dans un logement achevé depuis plus de 2 ans. Ce régime de faveur a pris fin, dans le cadre de l'application d'une règle européenne mettant fin aux avantages fiscaux pour les équipements de chauffage aux énergies fossiles.

    Concrètement, pour un propriétaire bordelais, cela creuse encore l'écart économique entre deux stratégies : remplacer une chaudière gaz par une nouvelle chaudière gaz (TVA à 20 %), ou basculer vers un équipement aux énergies renouvelables comme une pompe à chaleur (TVA à 5,5 %). Sur un poste aussi coûteux que le chauffage, l'écart de taux seul représente une somme significative — qui vient s'ajouter aux aides différenciées selon l'équipement choisi.

    Comment vérifier le taux de TVA sur votre devis, ligne par ligne

    Un même devis peut porter plusieurs taux

    C'est le point que beaucoup de particuliers ignorent : sur un chantier global, chaque poste peut relever d'un taux différent. Une rénovation combinant isolation des combles (5,5 %), réfection d'une salle de bain (10 %) et remplacement d'une chaudière gaz (20 %) doit afficher trois taux distincts, chacun appliqué aux bonnes lignes.

    L'erreur fréquente : le taux unique

    L'erreur la plus courante que je constate en relisant des devis : un taux unique appliqué à tort à l'ensemble du devis. Parfois c'est le 20 % appliqué partout — et le client paie trop ; parfois c'est un taux réduit appliqué à des postes qui n'y ont pas droit — et c'est le client qui porte le risque en cas de contrôle, car la TVA reste due même si l'artisan s'est trompé.

    L'attestation à signer pour les taux réduits

    Pour bénéficier des taux réduits (5,5 % ou 10 %), vous devez remettre à l'entreprise une attestation confirmant que les conditions sont remplies — notamment que le logement est achevé depuis plus de 2 ans. Cette attestation est un document officiel, à signer avant le début des travaux. Vérifiez qu'elle vous a bien été présentée, et que les informations qu'elle contient sont exactes : c'est elle qui engage votre responsabilité en cas de contrôle.

    Les questions à poser avant de signer

    • Chaque poste du devis affiche-t-il son propre taux de TVA ?
    • Les équipements aux énergies renouvelables sont-ils bien à 5,5 % ?
    • Une chaudière gaz est-elle facturée à 20 % depuis mars 2025 ?
    • L'attestation de taux réduit m'a-t-elle été remise et correctement remplie ?
    • Le logement est-il bien achevé depuis plus de 2 ans (condition des taux réduits) ?

    L'impact réel sur votre budget

    Sur un devis de rénovation, l'écart entre un taux bien appliqué et un taux mal appliqué n'est pas anecdotique : chaque point de TVA en plus ou en moins se répercute directement sur le montant TTC que vous payez. Sur un poste de chauffage ou d'isolation, l'écart entre 5,5 % et 20 % représente une somme très concrète. C'est pourquoi la vérification de la TVA fait partie intégrante de la lecture d'un devis — au même titre que les postes, les quantités et les exclusions. Pour aller plus loin sur ce sujet, lisez mon article sur comment lire un devis de travaux et celui sur les coûts cachés d'un devis.

    Ce que je vérifie pour vous en tant que courtière

    Quand je compare 2 à 3 devis pour un client, la TVA fait partie des points de contrôle systématiques : taux appliqué poste par poste, cohérence avec la nature des travaux, présence de l'attestation. Mon accompagnement est gratuit pour le particulier, et il porte précisément sur ces détails techniques qui, additionnés, font de vraies différences de budget. Les artisans que je consulte sont vérifiés, et les devis sont comparés à périmètre identique — TVA incluse. Pour en bénéficier, présentez-moi votre projet.

    En résumé

    En 2026, trois taux de TVA cohabitent sur les devis de travaux : 5,5 % pour la performance énergétique (pompe à chaleur, biomasse, solaire, VMC double flux, isolation), 10 % pour les travaux d'amélioration classiques dans un logement de plus de 2 ans, et 20 % pour le neuf, les logements récents et — depuis le 1er mars 2025 — les chaudières aux énergies fossiles. Vérifiez chaque ligne, exigez l'attestation pour les taux réduits, et méfiez-vous des devis à taux unique : c'est votre budget qui est en jeu.

    Vous avez un devis entre les mains et un doute sur les taux appliqués ?

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